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Définition...

Le cinéaste, c'est le réalisateur d'un film mais ce peut être également le technicien qui participe à la réalisation d'un film. Le cinéma est bien le domaine du travail collectif et de la coopération et si la politique des auteurs a institué le cinéaste/artiste-créateur, on ne peut oublier la part créative de l'équipe technique. Il est un domaine pourtant où le cinéaste oeuvre souvent en solitaire, c'est le domaine de l'amateur. Plus qu'un choix, la situation est imposée par des raisons pratiques.
Qu'est-ce donc que le cinéma amateur ? Se résume t'il au cinéma familial, à tout ce qui est en dehors des circuits économiques ? Peut-il donner naissance à des formes d'expression totalement originales où ne peut-il que singer les produits professionnels ?
Les "Lumière" n'ont-ils pas été les premiers cinéastes amateurs ?
Sans prétendre répondre à ces questions, nous essaierons d'y réfléchir et d'engager le "débat"...
(D.V.)

 

Samedi 29 octobre 2005 6 29 /10 /Oct /2005 00:00

Voici un rapport technique sur mon premier essai de la nouvelle émulsion « Ektachrome 64 T » proposée par Kodak, en remplacement de l’irremplaçable Kodachrome 40 !

EKTACHROME 64 T

sensibilité de 64 ISO équilibrée en lumière artificielle pour TC = 3200°K à filtrer pour la lumière du jour avec 85 B = 40 ISO

Essais effectués avec une caméra Beaulieu 4008 (dont le filtre incorporé 85 A a été démonté) et une optique fixe Angénieux : 15 mm Ø 1,3 à 18 i/s, obturateur : 100°, exposition au 1/65 s.

 

En lumière du jour sur extérieurs ensoleillés et intérieurs :  

 

1. Avec filtre 85 B puis avec filtre 85 A (ou 85) = assez peu de différence bien que le 85 B retienne un peu de bleu.  

2. L’utilisation en supplément d’un filtre 81 A (jaune) pour réchauffer légèrement l’image, donne un effet agréable.

3. Le réglage de la cellule caméra (étalonnée avant) a été fait sur 64 ISO et l’exposition est bonne. On peut  sous-exposer très légèrement (¼ Ø) afin d’obtenir des couleurs plus saturées.

Important ! :  Attention à la surexposition qui est mal encaissée et donne très vite des « images brûlées » ! …
- La fixité de l’image est bonne et il n’y a pas de rayure (à 18 i/s, 9 i/s et 36 i/s)

- Comparatif avec une caméra Bauer C900 XL.M équipée d’un zoom Neovaron : 6/51 mm Ø 9,2 à 18 i/s, obturateur à 220°, exposition au 1/29 s. Le réglage de la sensibilité est automatique par palpeur sur le chargeur. Le filtre 85 A est celui de la caméra (incorporé) : le réglage est correct car l’image obtenue est bien exposée, sans sur exposition.
Toutefois, sur les caméras dont le réglage de la sensibilité est automatique, il est recommandé d’effectuer des essais avant.


En lumière artificielle avec lumière domestique : TC ~ 2800/3000° K sans filtre :

Le rendu général de l’image est bon, sans dominante. La reproduction des couleurs est fidèle. 
 

Conclusion générale :

1. En lumière du jour, il existe une légère dominante bleue sensible essentiellement sur la reproduction des verts.

2. La définition et le contraste sont corrects mais très inférieurs au Kodachrome 40, cela est particulièrement sensible sur les plans larges ou la granulation est présente. Sur les plans moyens et serrés, la définition est bonne, ainsi qu ‘en réglage macro.

3. En lumière artificielle, le rendu des couleurs est fidèle et la définition semble meilleure.

On gagne près d’un diaphragme par rapport à la Kodachrome 40.

1. Ce chargeur nous a été donné par Kodak pour effectuer des essais et il devait être vendu à partir du mois d’août 2005.

2. Son prix n’est pas encore fixé : 13 € ?

3. A ce jour, le développement est assuré par le laboratoire Ciné-Dia, en professionnel, avec un délai de 3 jours, au prix TTC de 17,40 €. Le développement est soigné mais sans amorce pour le moment (Tél : 01 48 41 36 25 – super 8).

4. … Il est à craindre un coût de 30 €, c’est à dire plus du double par rapport au Kodachrome 40, pour une qualité inférieure et une tenue dans le temps limitée …


               … dommage d’avoir détruit l’irremplaçable !

                                                                                                    

                                                                      Michel Gallois (Septembre 2005)

 

 

 

 

Par Michel Gallois - Publié dans : films pour amateurs
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Samedi 29 octobre 2005 6 29 /10 /Oct /2005 00:00

Qu'entend-on par le "cinéma amateur" ?

Une tentative de cerner la question en réfléchissant sur une définition possible peut-être une entrée intéressante.

 

Nous donnerons comme éléments de départ :

- Un cinéma réalisé avec peu ou très peu de moyens (ce qui lui évite la recherche d'une production).
- Des films réalisés en famille, avec des amis ou en solitaire.
- L'utilisation d'un équipement léger (en général dans les formats dits substandards).
- Une distribution limitée au cercle familial, à la séance entre amis ou encore aux projections associatives et dans les festivals amateurs.

Ces caractéristiques tiennent ce cinéma à l'écart de tous les circuits professionnels et de ce fait, les films vont se distinguer radicalement des films professionnels ou tout au contraire et paradoxalement, tenter de les imiter par les sujets, les thèmes ou la qualité de la réalisation.

 

 En simplifiant, on peut classer les films amateurs en trois catégories, non cloisonnées bien évidemment :

1. Ceux qui singent les films professionnels (ceci dit sans ironie ni mépris car ils peuvent être très réjouissants).
2. Ceux que l'on appelle, au sens large, les "films de famille" qui n'ont aucun rapport avec le cinéma professionnel.
3. Ceux enfin qui utilisent un outil créatif original pour tenter un cinéma libéré des contraintes professionnelles.

 

A Propos des "FILMS DE FAMILLE" dont on pense, à tort, q'ils ne présentent que peu d'intérêt !

Ces films, alliés aux documents, en général (pas les documentaires), sont à la mode en ce moment : émissions de télévision, récupération/sauvegarde par les organismes les plus divers ...
Comme toute mode qui trouve audience à la télévision, on peut suspecter des intentions inavouées. Après le "vidéo-gag", on prête aux films d'amateurs un intérêt historique certainement exagéré. Il est vrai que certains événements importants ont été saisis sur pellicule de format réduit, mais, comme me le disait très justement notre ami Didier Petot, la présence de quelques chars militaires sur un bout de film ne suffit pas à en faire un trésor inestimable. La recherche de l'événement saisi par la caméra amateur relève de la quête du scoop journalistique. La mode passera.

L'intérêt du cinéma amateur est ailleurs. Il est dans la conservation de la mémoire populaire, en fixant des paysages, des scènes, des personnes que l'on va "immortaliser" en ayant la possibilité de projeter leurs images sur écran, pour très longtemps.

 

Nombreux sont ceux qui possèdent des films de famille qu'ils gardent précieusement, peut-être en attendant de les faire transférer sur un support vidéo. Quelques collectionneurs conservent ces films trouvés, donnés ou achetés sur des brocantes (à des prix souvent exagérés). Qu'en faire ?

 

Certains documents rares ont assurément leur place dans les cinémathèques régionales (ceux qui ont un intérêt historique, géographique, sociologique ...) et à mon avis, il convient, après en avoir profité, de les céder à ceux qui sauront les conserver, les restaurer et les utiliser dans un cadre culturel.

 

Quelques films qui ne sont pas des chefs-d'oeuvre, présentent tout de même une homogénéité et des qualités humaines sinon documentaires. Il est parfois dommage de "couper dedans", mieux vaut conserver le film intact, même avec ses défauts.

 

Très souvent, on récupère des films médiocres, ennuyeux, bâclés, inachevés, mal filmés et parfois même impossibles à regarder. Dans ces lots de "déchets", on arrive toujours à sauver des scènes ou des plans émouvants, autant d'éléments qui pourront éventuellement intégrer un film de montage. Cette fin me semble plus qu'honorable pour certains documents qui ne présentent pas en eux-mêmes un intérêt déterminant mais qu'il serait dommage d'enterrer. Le film de montage, qui s'oppose au film de fiction et au documentaire dont les prises de vues sont réalisées par une même équipe, peut se devenir une aventure palpitante mais très difficile à mener à bon terme.

 

 Bien que les histoires ne soient pas toujours structurées de manière traditionnelle, les films de fiction "racontent" toujours quelquechose, seule possibilité pour maintenir éveillée l'intérêt du spectateur. Le film de montage doit donc trouver un fil directeur qui conduira du premier au dernier plan, les liens qui uniront les scènes, un discours cohérent qui donnera du sens à l'ensemble. Impossible de tricher : si l'on a rien à dire, le film sera ennuyeux. Les images ne peuvent pas se succéder de manière incohérente et en conséquence,le montage image est ici une véritable création qui, cependant, ne suffira pas à donner du sens à la construction. Le commentaire trouve toute sa place dans l'édification du projet.

 

 Il n'y a ni recette, ni méthode pour réaliser un bon film de montage. Il faut pouvoir choisir ses plans ou ses scènes parmi une grande quantité de documents mais l'esprit créatif (esthétisme, poésie, philosophie ...), sera ce qui guidera judicieusement ce choix.

 

 Le cinéma amateur passé et présent (car il existe encore !), doit être défendu coûte que coûte, non pas pour tenter de lui attribuer une place aux côtés des professionnels ou à la télévision, mais pour conserver une activité créatrice exceptionnelle; riche et désintéressée.

 

 

                                                                                                     Michel Gasqui (dans Infos-ciné n°50/juin 2002)

 

Par Michel Gasqui - Publié dans : cinéma amateur
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